Voici un ramassis incomplet de critiques de disques publiées en 2010.
Pour accéder à ceux de: 2006, 2008 ou 2009.

Daniel Bélanger – Nous / publiée dans le Trait d’union du Nord février 2010
Les Trois Accords – Dans mon corps / publiée dans le Trait d’union du Nord février 2010

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Daniel Bélanger - Nous

Daniel Bélanger
Nous

Dare to Care

Plusieurs critiques lancent que ce nouveau Daniel Bélanger déroute, tant il se démarque de ses albums précédents. Selon eux. Il est vrai que l’album baigne dans davantage de lumière et qu’il semble vouloir interpeller autant notre cervelet que notre déhanchement.

Des pièces comme L’équivalence des contraires, où Daniel Bélanger souhaite que l’on « danse, danse avec moi jusqu’à épuisement », à la basse funky, il en regorge sur Nous. En fait, le musicien lui-même avoue avoir voulu jouer du « funk de blanc » sur son dernier album paru en novembre dernier. D’ailleurs, on songe parfois à David Bowie et à son époque funky. Une commande qu’a bien comprise JF Lemieux, son loyal bassiste, qui enchaîne les suaves lignes de basses. Le tout est rehaussé par une festive section de cuivres.

Donc, une basse hypnotisante, des cuivres que ne renieraient pas James Brown, des paroles moins lourdes et moins introspectives, mais ceci reste un album de Daniel Bélanger et ceci ne signifie pas qu’il n’a pas peaufiné les arrangements et que la joie de vivre l’a remporté sur son habituel travail méticuleux. Si l’ambiance est différente, on reconnaît l’auteur-compositeur sans aucune hésitation dès les premières notes. Sa poésie demeure toujours aussi belle et, malgré les rythmes chauds, ne vous méprenez pas, ce n’est pas un album de party.

Même si cet album demande plusieurs écoutes avant de se faire pleinement apprécié, il est paradoxalement très pop. Une pop recherchée, une suite logique à L’échec du matériel. Mais Bélanger a toujours su faire de la pop sans se barricader dans ce style manquant parfois de consistance. Grâce à sa large palette de couleur, cet album peut autant s’écouter avec toute notre attention que dans un souper, comme musique d’ambiance. Mais, surtout, certaines pièces semblent déjà être des classiques. En fait, rendu à la cinquième écoute, le disque semble causer les mêmes effets que la nicotine, sans le cancer des poumons.

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Les Trois Accords - Dans mon corps

Les Trois Accords
Dans mon corps

Indica

Sorti en novembre dernier, le troisième album (quatrième si on considère En beau country où le groupe reprenait ses chansons en country) des Trois Accords était attendu. Pour ma part, Dans mon corps se dessine comme l’album de la réconciliation avec le groupe de Drummondville.

J’avais eu la chance de recevoir Gros Mammouth Album, le premier disque, avant que la chanson Hawaïenne n’envahisse les radios commerciales. Un an plus tard, l’album était réédité sous le nom de Gros Mammouth Album Turbo avec deux chansons supplémentaires, soit Loin d’ici et Turbo sympathique, deux pièces annonçant les couleurs du deuxième album, Grand champion international de course, qui me plaisaient déjà beaucoup moins. Comme de fait, le deuxième album du groupe m’a laissé sur mon appétit, ne possédant pas la naïveté du premier album et se perdait dans la volonté d’incorporer des blagues partout.

Avec Dans mon corps, le groupe semble être revenu un peu plus à ses sources. Leur humour est davantage revenu dans l’idée derrière le texte et les histoires racontées que dans les phrases. Sur ce disque, le groupe chante l’adolescence d’une jeune fille (Dans mon corps), le changement de sexe d’un homme (Elle s’appelait Serge), le tabagisme (Pas capable d’arrêter), la poésie (La nuit de la poésie) et même les clubs optimistes (Club Optimiste). L’absurde est donc tout aussi présent, mais n’a plus le défaut de s’étaler partout.

Le groupe s’éclate plutôt avec la musique. L’apport du réalisateur d’expérience Gus Van Go se fait sentir: le groupe semble définitivement savoir faire plus que trois accords. Le mur de son est bien calibré, à la fois solide et bien pop. Avec le réalisateur, le groupe a pu facilement s’aventurer dans le rock des sixties, le punk californien ou le soul, mais toujours avec une facture bien pop. La présence des cuivres est furieusement efficace. Même si la voix d’Olivier Benoît ne m’agaçait pas réellement, son absence (il a abandonné le micro pour la gérance du groupe) renforce les textes et les choeurs du groupe.

Il faut encore prendre Les Trois Accords pour ce qu’ils sont: un groupe pop-rock qui ne se prend pas au sérieux et qu’il faut écouter dans le seul but de s’amuser. Sans eux, je n’aurais jamais chanté qu’il y avait des changements dans mon corps de jeune fille. Mais malgré tout le ludique qui les entoure, le groupe améliore son art et ne semble pas au bout de son souffle.

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