Sommaire incomplet d’entrevues publiées dans le BangBang.Section sous construction.
Liste des entrevues
Pépé / mai 2005
Scream Elliott / mars 2006,
Uberko / avril 2006
Still My Queen / septembre 2006
Les Goules / octobre 2006
Hugo Lebel / novembre 2006
Robopop / février 2007
Nous non plus / février 2007
Les Goules / mai 2007
Philippe B / avril 2007
Lesbo Vrouven / avril 2008
Caracol / septembre 2008
Krista Muir / octobre 2008
Band de Garage / novembre 2008
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Entrevue avec Pépé – Une journée dans la vie de Pépé; publiée dans le BangBang en mai 2005
Une journée avec Pépé et son ukulélé
Son vidéoclip roule à MusiquePlus, des extraits jouent dans certaines des grandes stations québécoises tout en jouant dans les radios communautaires et universitaires. Pépé est l’un de ceux qui, en ce moment, nagent entre la scène alternative et celle de masse. À quoi ressemble une journée dans la vie de Pépé ? C’est ce que j’ai voulu savoir le 21 avril dernier.
La première entrevue
Notre rendez-vous est aux alentours de midi dans les studios d’Énergie à Québec. Accompagné par la responsable des communications chez Batchef, Pépé arrive armé de son ukulélé, prêt à faire des chansonnettes live. Quelques secondes après, c’est Marco Calliari qui arrive lui également armé, mais de sa guitare et de son gazou. Cette rencontre n’est pas un hasard, ils jouent ensemble à l’Impérial le soir même.
12h45, P.Y., l’animateur, nous invite à le rejoindre en studio. S’en suit une entrevue très générale (« Marco, pourquoi joues-tu soudainement de la musique italienne ? »), un peu de lichage (« On vous aime beaucoup nous, je vous ai déjà vu d’ailleurs en prestation !»), des tirages et des prestations live.
Un dîner avant la 2e entrevue
Il est près de 13 heures et nous avons une heure pour dîner avant la prochaine entrevue. Nous allons tout près, au Chantauteuil. Nous discutons entre autre des entrevues et Pépé spécifie qu’il préfère jouer des chansons que de parler de lui. Nous parlons également de son prochain clip. Il fera un clin d’œil au film Over The Top avec Stallone, pour la pièce Les mangeux de bînes. Le temps file et CKIA (radio communautaire de Québec) nous attend.
14h30, Julie et son équipe de l’émission Qulture nous attendent. Cette fois-ci, les questions seront encore générale mais seront plus élaborées. Une mention intéressante, Pépé réaffirme que son groupe punk Flying Vomit, avec lequel il joue depuis 12 ans, existe toujours. C’est peut-être « dans un congélateur, mais c’est pas mort ! C’est toujours comestible pis on va dégeler ça dès que le temps va le permettre ! » Trois petites pièces live et on quitte rapidement.
Les tests de sons
Quelques petits retards sur l’horaire, il est 15h20 et on est supposé être aux tests de son depuis déjà 20 minutes. Première panique : Pépé aura-t-il assez long de fil pour faire un solo au milieu de la foule ?
On teste la première guitare électrique. Tout est ok. Oh, le cellulaire sonne : « Désolé, j’aurais dû le fermer… j’aurais même pas dû répondre. » Deuxième guitare électrique, la Flying V, on joue trois pièces pour s’assurer que tout sonne solidement. On teste la guitare classique et on salue les problèmes techniques. On décide de faire avec ce qu’on a. Reste à tester le ukulélé.
Après tout ce brouhaha, c’est à Marco Calliari de faire ses tests de sons. Pendant ce temps, Pépé en profite pour se reposer un peu. Effectivement, celui qui préfère les yeux bruns semble fatigué. Il est débarqué le matin même à Québec à 5h après avoir fait une prestation à St-Félicien et il devra décoller pour Calgary à 5h dans la nuit qui vient pour une prestation le lendemain. Il est 16h30 et Pépé décide d’aller faire une sieste.
Temps mort avant le spectacle
Profitant de l’absence de Pépé, son orchestre (Sylvain Savard, basse ; Simon Pelletier, batterie) et moi parlons dans son dos. Comment c’est de travailler avec Pépé ? « C’est vraiment plaisant. Et puis, il arrive toujours pleins d’aventure avec lui. » Ils parlent également de son ouverture à leurs idées d’arrangements. De leur côté, ils réussissent à concilier leurs engagements avec Pépé et avec leur groupe 400 Milles.
Puis, j’entame une conversation avec Pépé. Comment vit-il ce début de succès ? « Je me fais de plus en plus reconnaître, dans la rue, dans les restos, mais je m’en rends pas autant compte que mes amis ou ma blonde. Mais je ne sais jamais quoi dire. Parfois j’ai peur d’avoir l’air bête. Mais le plus dur, c’est de dire non. Après le spectacle, j’ai beau dire non à 9 bières, à la 10e, je finis par dire oui! »
A-t-il peur de se faire étiqueter comme étant un chanteur de chansons grivoises, voire baveuses (Gros tas, Osti que t’es laid, …) ? « Je n’ai pas de crainte particulière de me faire cataloguer, surtout parce que c’est inévitable. Je le sais que les gens vont le faire et qu’ils le font. » Selon lui, les gens ne devraient cependant pas le juger que sur une seule chanson.
Le spectacle
20h15, Marco Calliari envahit la scène avec ses musiciens. Le monde se lève et la fête s’installe déjà dans la salle. Pépé, lorsqu’il arrive avec son orchestre, n’a qu’à y aller avec ses pièces les plus rythmées pour que la fête continue.
Un rappel presque improvisé où Pépé et Marco collaborent. Ils auront choisi leur pièce, mais ne les auront jamais pratiqué. Qu’à cela ne tiennent, ils les apprennent live sur scène. Marco participe à La faculté de Pépé et celui-ci participe à Ô et le tout se termine sur Bella Ciao reprise par Marco Calliari et tous les musiciens réunis.
Satisfait Pépé ? « Complètement ! La foule était le fun et je pense que j’me suis trompé juste une fois ! »
Entrevue avec Still My Queen pour leur nouveau vidéoclip; publié le 12 septembre 2006 dans le journal Bang Bang.
Still My Queen: Nouveau vidéoclip
Après avoir parcouru les Maritimes, l’Ontario et la plupart des festivals de l’été au Québec (dont Woodstock en Beauce et le Festival d’été de Québec (deux fois plutôt qu’une)), la formation Still My Queen se prépare à envahir les ondes télévisuelles cet automne.
Au printemps dernier, les gars ont enregistré, en une seule journée, un clip pour la pièce The golden years, extraite de leur album Make it happen paru en février dernier. L’été aura permis de le finaliser et créer une attente. «On aurait pu sortir le clip dans le courant de l’été, mais on trouvait que c’était un mauvais timing», mentionne Simon Dorval, bassiste de la formation.
Réalisé par Martin-Philippe Tremblay (qui a aussi réalisé un clip de Each On Set, confrère de label), le clip montre «le groupe dans une chambre où apparaissent des photographies sur les murs, raconte Simon, créant un lien avec la chanson qui parle de souvenirs d’enfance.» Rien n’est officiel, mais le 20 septembre prochain, la formation présentera son clip dans un spectacle-lancement à l’Escogriffe à Montréal en plus de passer à 1-2-3 Punk à MusiquePlus. Gageons qu’elle essayera d’y diffuser le clip en primeur.
Outre le clip, le groupe de Québec a également l’intention de se faire voir et connaître en faisant «le plus de prestations possible d’ici Noël», précise Simon. Plusieurs dates sont déjà annoncées sur son MySpace, dates qui l’amèneront au Québec et encore une fois dans les Maritimes, endroit où l’accueil est très chaleureux, particulièrement à Halifax.
Comme si ce n’était pas assez, le groupe présentera également un nouveau site Internet d’ici la fin du mois de septembre. Un gros automne pour Still My Queen qui ne demanderait pas moins que de conquérir la planète.
Entrevue avec Les Goules pour le Spectacle lancement de la programmation de CHYZ 94,3 FM; publiée en octobre 2006 dans le Bang Bang.
Les Goules: Les bouts qui manquent
Québec est une ville particulière. Iron Maiden y est mieux reçu que dans la plupart des villes nord-américaines, plus de la moitié de la population peut écouter la même station de radio et une de ses formations locales peut voler la vedette à n’importe quel band reconnu. Cette saugrenue formation est bien entendu Les Goules.
D’ailleurs, que se passe-t-il avec eux? Igor Wellow (batterie) a récemment abandonné la Vieille Capitale pour la métropole. « Ça nous force à développer notre façon de travailler », avoue Keith Kouna, chanteur du quintette, tout en précisant que le band s’en sort très bien avec cette situation. «En gros, on compose pour le prochain album», poursuit-il, faisant référence au travail des derniers temps.
Le groupe aimerait entrer en studio au début de l’hiver et travailler avec un réalisateur, mais rien n’est encore fixé. Ce troisième album pourrait s’avérer plus lourd, plus sombre et plus agressif. «Nous allons peut-être en casser deux ou trois, mais on fait attention, nous ne referons pas la même erreur qu’avec Memories en jouant toutes les pièces avant la sortie», mentionne le chanteur à propos du spectacle du lancement de la programmation de CHYZ 94,3 FM le 20 septembre prochain.
Si vous n’avez pas vu Les Goules depuis un an, ne soyez pas surpris si vous voyez des crabes sur la scène, des bikers ou M. Kill! Parties d’une petite idée, les présentations scéniques ont évolué à un rythme fou grâce aux deux figurants réguliers et aux idées qui ne cessent de sortir de leur cerveau. Leur fantasme de scène n’a par ailleurs aucune limite! Au Festival d’été de Québec, c’est quatre figurants et une chorale qui ont partagé les planches avec eux. C’est manifestement un groupe à voir en performance, sinon «ils en manquent un gros bout», rigole Keith.
Entrevue avec Hugo Lebel pour album Lo-Fi Music For Fall; publiée dans le BangBang en novembre 2006.
Hugo Lebel: Musique d ‘automne
Bang Bang n’a pas encore un an et c’est la troisième fois que je parlerai d’un projet de cet homme. Pourtant, bien que ses formations (Les Goules, Lesbo Vrouven) fassent tout de même parler d’elles, il se fait discret. Headache24 est cependant son projet le plus personnel.
Depuis plusieurs années, Hugo Lebel, bassiste dans les autres formations mais guitariste et chanteur dans Headache24, enregistre les pièces qu’il compose. Avant l’année dernière, le tout n’avait cependant encore jamais été endisqué. Depuis, outre l’éponyme, trois mini-cd sont sortis, se rattachant toujours à une saison. Le 4 novembre prochain, il sortira le quatrième et dernier la série Lo-Fi Music For Fall.
Le moteur étant démarré, pas question de l’arrêter ni même de diminuer la cadence. Il songe déjà au deuxième disque qui est «prévu pour début 2007, principalement composé de pièces écrites, enregistrées et mixées depuis 2003… Il sera actualisé et aura une superbe finition. Il aura pour titre Having you to walk with».
Même s’il invitera quelques personnes pour l’actualisation de ce deuxième disque (les gars de Lesbo Vrouven et de (swedish) Death Polka), il veut que le troisième disque se fasse avec le groupe qui l’accompagne sur scène. À ce sujet, Hugo décrit Headache24 comme «un collectif encore plus ouvert que la porte d’une Marie-couche-toi-là». Il est d’ailleurs étonnant de voir la différence sonore entre la scène et les enregistrements. L’électropop lo-fi s’entoure de plusieurs influences une fois live, telles que le folk ou le rock.
Lorsque je lui demande de me parler de ses influences, il confie écouter peu de musique, mais que celle qu’il écoute l’influence beaucoup. Il a par exemple «bien hâte d’écouter Mexico de Jean Leclerc, à [s]on avis toujours numéro 1 pour l’originalité». Étonnamment, on pourrait parfois penser à La Vallée des réputations pour certains jeux de guitare et pour l’enregistrement. Coïncidence? Ce disque est justement paru dans la période où certaines pièces furent composées.
Outre ce bouillonnement, depuis peu, on nous présente également un vidéo-clip sur le MySpace de la formation pour la pièce Turn Off «qui met en vedette une joggeuse, jouée par Julie Lebel (ma sœur). Elle est observée par la caméra comme un voyeur observerait l’objet de ses rêves… en pleurant». Profitez-en également pour écouter les extraits disponibles.
Les disques ne sont malheureusement pas distribués chez tous vos bons disquaires. Il suffit cependant de contacter directement Hugo ou encore P572, par courriel ou en les accrochant dans la rue, pour s’en procurer un.
Dans un même ordre d’idées, les gens à l’extérieur de la ville de Québec devront patienter pour voir le projet sur scène près de chez eux.
www.headache24.com
Entrevue avec Robopop pour l’album Ratopolis; publiée dans le BangBang en février 2007.
Robopop: Morceaux de robots
Malgré nos horaires chargés, Jean-Philippe, chanteur de Robopop, et moi réussissons à nous donner rendez-vous. J’aurai la chance de rencontrer tout le groupe en plus de visiter un haut-lieu de locaux de pratiques pour plusieurs bands de Québec dans le quartier Saint-Roch.
D’emblée, les quatre gars de Robopop (JP, Alex, Hugues et Eric) affirment qu’ils ont hâte de présenter officiellement ce nouveau disque, ce qui est très compréhensible lorsqu’on voit les mois d’attente. L’album Ratopolis a été enregistré de novembre 2005 à janvier 2006 et le mixage était déjà terminé au mois de mai qui suivait. S’ils sortaient l’album l’été, ils se tiraient dans le pied, et l’automne venu le nombre de disques sortant leur a fait encore repousser le tout à février 2007.
Ils ont hâte mais sont tout de même contents du parcours. Imaginez: la formation n’existe que depuis juillet 2005. Ils se sont vu offrir un contrat par Goego, dynamique boîte de production de Québec, qui les a gâtés pour l’enregistrement. Ils ont en effet eu la chance d’aller enregistrer chez Guy St-Onge entre des sessions de Gregory Charles. «On ne comprend pas trop pourquoi, on se faisait tasser des studios par Gregory…», lancent les gars, tout sourire, en parlant de cette expérience, n’oubliant pas de parler du chalet et de «son mur rempli d’instruments».
Au début, ils visaient un album représentant bien ce qu’ils font sur scène pour finalement se laisser tenter à jouer avec les multiples possibilités qu’offre le studio. Au final, l’album sonne un peu plus pop comparativement à la scène, laissant plus de place aux claviers et mettant les guitares plus en arrière-plan. Une différence qui s’est accrue depuis l’enregistrement d’ailleurs. Étant donné la jeunesse de la formation, on la croit facilement lorsqu’elle mentionne qu’elle sonne maintenant plus comme un groupe. JP avoue ne plus écrire de la même manière non plus, laissant ses confrères amener leurs propres arrangements.
Robopop n’a par contre pas attendu pour présenter ses nouvelles pièces. Sans parler de tournées, ils ont quand même joué à quelques reprises dans la province, assurant entre autres les premières parties de Malajube et d’André à Québec. La réponse des fans d’André a été d’ailleurs la meilleure reçue jusqu’à maintenant par le groupe. Le lien s’est peut-être fait par les textes. On peut faire un lien puisque les deux groupes aiment bien présenter des histoires, nageant entre le drôle et l’absurde.
Les gens pourront voir l’imaginaire de Robopop, son amour pour la science-fiction et ses références aux années 80 alors que le groupe vient de tourner un vidéoclip avec Carnior. Pour ce clip, le réalisateur a eu carte blanche, ayant pour seule mission de s’inspirer de la pochette du disque. Lorsque j’ai voulu en savoir plus sur le concept, les membres m’ont pointé une immense trappe à souris que Carnior a fabriquée pour ensuite déclarer: «Le reste… surprise!».
Bien qu’il y ait quelques dates prévues, la formation de Québec vise pour le moment surtout les festivals à l’été pour ensuite entamer une réelle tournée à l’automne. Surveillez les dates sur son site Internet.
www.robopop.ca
Entrevue avec Les Goules pour l’album Les animaux; publiée dans le BangBang en mai 2007.
Les Goules: Attention! Chiens méchants!
Dès mon arrivée au party de la direction de CHYZ, je lance, taquinement, que je viens tout juste de recevoir le nouveau Goules! «Hein! Ta yeule! On l’fait jouer tout d’suite!» S’il y avait un disque espéré à Québec, c’était celui-ci.
L’attente était cependant passive. Tout le monde patientait, mais peu savait quand l’album sortirait. Car nos Goules ont été plus discrets avec cet album. Si Memories avait été longuement annoncé et la majorité des pièces jouées depuis longtemps sur scène, celui-ci s’est fait dans l’ombre.
Les Animaux est donc le troisième album des rois de Québec. Ça rugit, ça grogne fort. Les guitares ont les dents acérées et c’est on ne peut plus dans ta face. Ils annonçaient déjà que ce disque allait être plus lourd, plus métal et on les sait capables de japper très fort. La puissance, qui frappe dès la première pièce (Canton), surprend quand même. C’est brutal.
Quel animal se cache au fond des Goules? Sont-ils…
Chauve-souris? «C’est sombre! De pire en pire!» raconte Keith Kouna, chanteur de la formation. Il n’y a pas que la musique qui s’éloigne de la lumière, les paroles mordent plus que jamais. Les textes sont moins rigolos. La folie est toujours là, mais dans un tout autre niveau.
Dobermans? Selon Keith, «c’est définitivement le plus méchant des trois. Y’avait des textes sur le premier qui n’étaient pas rigolos, mais qui passaient joyeusement avec la musique. Sur cet album, la musique est plus lourde et mélancolique. Le ludisme, la parodie, tout ça était moins à propos. C’est la musique qui commande, pas le texte.»
Papillons? «L’album est plus sérieux, plus lourd. À la limite de la distorsion. On sent une violence. C’est très brut. Imagine un esprit punk, Bérurier Noir, par exemple, ajoutes-y notre camaraderie, ça donne un plaisir. C’est une continuité, une conséquence normale de notre parcours et un parfait reflet de maintenant», ajoute Rabin Kramaslabovitch, claviériste de la formation.
Macaques? N’allez cependant pas croire que plus rien ne fait sourire. À plusieurs reprises, nous retrouvons ce plaisir, que ce soit directement pour les paroles, pour l’incroyable chant de M. Kouna (Coq l’œil) ou pour l’histoire tordue. Nos dévoreurs de cadavres préférés ont également réussi à décrocher de bonnes mélodies très rock (Caché Icitte, Les Animaux, Mouture) derrière cette lourdeur. Il y a également la pièce cachée… une aventure sonore goulesque de trente minutes.
Castors? Pour les amateurs du quintette, notre chanteur lance Poussin, Turlutte et Lapins comme exemple. On pourrait aussi inclure la très courte mais intensive Pendaison. Les références proviennent de Memories, mais pourtant Rabin Kramaslabovitch précise que cet album se rapproche beaucoup plus du premier disque, éponyme. «C’est un album maison. Il a été enregistré dans une maison!» Ce studio est celui du Sheriff de Québec, Tristan McKenzie, qui signe la réalisation, la prise de son et le mixage.
Au bout d’un long travail de préproduction, les Goules ont pu rassembler un best of de la dernière année. «Il fallait enregistrer, ne serait-ce que pour nous!», croit Rabin. Sauf en de rares occasions, Les Goules se sont retenus de présenter leurs nouvelles compositions au public, le fantôme de Memories flottant toujours.
Tamanoirs? Cet univers est unique dans la musique québécoise. Plusieurs pointeraient facilement les narcotiques pour l’expliquer. «Notre musique provient de notre franche camaraderie, sans notre amitié, notre amour commun pour la musique, il n’y aurait rien», raconte Rabin, dans un élan de spontanéité.
Lions? Les Goules s’autoproduisent toujours, mais plus seuls. Les Animaux est coproduit par P572, dynamique label de Québec (Lesbo Vrouven, Second Hand Virgin). «Ce sont des visionnaires, ce sont les premiers à nous signer», rigole Kramaslabovitch. Plus sérieusement, c’est probablement l’amitié déjà présente entre le groupe et le label qui a dû les réunir, en plus de «leur côté artistique motivant», tel que mentionné par Rabin.
Les gars préparent maintenant leurs lancements. De nouveaux costumes habilleront nos animaux favoris. Rabin annonce fièrement d’ailleurs qu’il possède maintenant cinq robes. Keith Kouna surprendra. «Les Goules, c’est 50% disque, 50% scène», dit Rabin, tout en se trouvant prudent sur le pourcentage donné. Leurs fantasmes scéniques n’ont aucune limite. «On veut le plus de gens possible. Donne-nous l’Impérial une fois par mois et checke ben ça!», poursuit Rabin. Cependant, avec ce troisième album, certains classiques risquent d’être coupés des prestations… mais avant de faire place à ce nouveau spectacle, voici une entrevue animale:
Perdrix?
-Keith: Fondue.
-Rabin: Première chasse, pis je l’ai manqué.
-Klaudre Chudeba, bassiste, venant tout juste de se joindre à l’entrevue: Moi aussi!
Chameau?
-Rabin: C’est moi de profil!
-Klaudre: Une expression: Vous vous stationnez comme un chameau dans un désert (rires)
-Keith: Patron de camp de vacances avec une barbe rousse et une silhouette plutôt malingre, mais relativement sympathique dans l’ensemble. Incarne peut-être un végétarien atypique.
Chien?
-Rabin: L’homme est le meilleur ami du chien.
Abeille?
-Keith: Normand L’Amour.
Ornithorynque?
-Rabin: Un castor-canard? C’est intéressant par sa laideur.
Kangourou?
-Keith: Russell Crowe, peut-être en fondue.
Caméléon?
-Rabin: Moi!
-Klaudre: …de fantaisie! (chanson de Éonz)
-Keith: Brosse.
Âne?
-Klaudre: Keith a déjà chevauché un âne de force. C’était la nuit, l’âne voulait rien savoir!
-Keith: Brosse.
Poussin?
-Rabin: Sert à tout. Être mangé; être beau, jovial et pensif.
-Keith: Rabin Kramaslabovitch.
Baleine?
-Rabin et Klaudre: Vous avez vu la baleine!
Humain?
-Rabin: Mon animal favori, surtout l’hymen!
Les Animaux?
-Rabin: Les animaux, c’est tout le monde
www.lesgoules.com
Entrevue avec Philippe B pour l’album Taxidermie; publiée dans le BangBang en avril 2007
Philippe B: L’empailleur de souvenirs
Profitant d’une pause avec Pierre Lapointe, Philippe B présente Taxidermie, son deuxième album solo, en élevant le projet d’un cran et en démontrant que ce qui était au départ un trip n’est pas qu’un sideline.
Le Rouynorandien confie d’ailleurs que son ami s’insurgerait s’il faisait des compromis sur sa carrière personnelle pour pouvoir l’accompagner à la guitare. Ça tombe bien, l’ancien chanteur de Gwenwed se consacre sans arrêt à l’écriture.
«Je ne suis pas du genre à prendre un mois à m’isoler pour faire l’écriture. Ça rend peut-être un disque plus cohérent, mais ce n’est pas mon style», raconte-il en expliquant qu’il écrit constamment. «Il y a des temps morts même en tournée, dans le camion ou un après-midi.» Certains textes datent ainsi de six ans et d’autres de quelques jours seulement.
La pièce-titre ne représente pas l’album dans sa forme, mais dans son état d’esprit. «Je n’aime pas choisir une pièce comme titre d’album, mais Taxidermie reflétait la thématique de l’album.» Bien entendu, l’auteur-compositeur ne parle pas de l’art d’empailler des ratons laveurs, mais plutôt de «figer les souvenirs, l’acte de création, de s’inspirer de la relation entre les gens et l’espace qu’ils occupent».
Si Philippe B jongle encore plus avec les souvenirs, l’approche est très différente du premier album paru en 2005. Ce dernier contenait une certaine naïveté. «C’était une tentative de tout faire seul, de faire un contraste avec un projet collectif.» Ce second disque continue dans ce chemin, «mais le trip et l’essai solitaire a été fait. Même si ça demeure un projet solo, je voulais revenir avec des gens et un esprit de groupe pour amener ça plus loin.»
Une équipe qui, dans son noyau, ne surprendra personne. Philippe Brault, Guido Del Fabbro et Josianne Hébert, avec qui il partage la scène pour Pierre Lapointe, sont venus le rejoindre. Des gens avec qui il a une solide complicité et dont il sait «qu’ils vont comprendre ce que je veux et que je vais comprendre ce qu’ils font. Et ils ont du talent!»
En plus de ces amis, le taxidermiste est allé chercher François Lafontaine de Karkwa pour le B3 et Marc-André Laroque, que vous avez pu entendre avec Yann Perreau ou Dumas, pour la batterie.
Une bonne partie du travail s’est faite chez lui. Il a d’ailleurs gardé une partie des pistes enregistrées en préproduction. Puis il a visité deux autres studios, l’un pour une session acoustique, l’autre pour une session en band. Aucun réalisateur n’a chapeauté les sessions.
Il comptait néanmoins sur ses «musiciens d’expérience qui savent donner et qui peuvent donner un point de vue extérieur. Ils ont une bonne expérience d’arrangeur et de réalisateur» en parlant de Philippe Brault et de Guido Del Fabbro.
Exit les spectacles solo, Philippe B est maintenant toujours au minimum un duo sur scène. Il s’entoure de ses amis et aime jouer en groupe, partager ce plaisir. On pourrait en déduire qu’un projet collectif lui manque peut-être. La réponse est ambiguë. Le rock alors?
Voilà que l’Abitibien s’anime un peu plus! «Jouer fort, il y a une vibe spéciale à ça. Jouer avec plus de décibels, c’est toujours plus le fun.» À long terme, il aimerait que son projet évolue en groupe plus stable en incluant Marc-André Laroque avec lui, ce qui modifierait déjà la dynamique.
Il ne cache pas ses ambitions pour son folk-pop, simples et réalistes pour le marché québécois. Vendre plus de disques, évidemment, rejoindre plus de gens. C’est pour ça qu’il compte sur l’appui de Bonsound et de Proxenett. Et si un jour il vendait 100 000 albums au Québec? «Je serais surpris! Mais ok, à ce moment-là, peut-être je regarderais la France. Le trip de jouer là-bas a été fait. Je vais attendre d’être connu au Québec avant tout!»
Une tournée s’amorce justement ce printemps, au grand plaisir du protagoniste qui n’a pas assez joué ailleurs qu’à Montréal, Québec et Rouyn-Noranda à son goût. Après l’Abitibi, la vallée du Saint-Laurent et le Lac-Saint-Jean, c’est tout l’Est du Québec qu’il parcourra avec le ROSEQ.
Un clip est aussi à surveiller. Ce ne sera pas pour le single, Rose de cactus, mais pour la pièce Baptêmes. À ce sujet, Monsieur B confie davantage miser sur des webclips puisqu’ils sont finalement beaucoup plus diffusés sur Internet qu’à la télévision. Son site sera donc en constante évolution.
Taxidermie en magasin depuis le 8 avril
www.philippeb.ca
Entrevue avec Lesbo Vrouven pour l’album Encore la mort; publiée dans le BangBang en avril 2008
Lesbo Vrouven: Danser avant de mourir
Récapitulons. Hiver 2006, Lesbo Vrouven prépare le lancement de son premier disque Je reviens Geneviève, avant même qu’il l’enregistre, ce qui n’était que sa deuxième prestation à vie. Un buzz entoure le trio. Deux ans plus tard, le scénario semble se redessiner dans des circonstances similaires pour Encore la mort.
Le groupe n’a jamais réellement quitté la scène, mais une accalmie est apparue à la suite des premières excitations et à la cinquantaine de présences sur scène. Fixer un moment était digne d’un rodéo, mais j’ai réussi à m’entretenir avec le très occupé chanteur et guitariste du trio, Sam Murdock.
Bang Bang: Outre vos autres projets, qu’ont fait les Vrouven lors de la dernière année?
Sam Murdock: Tu connais presque toute l’histoire, Mike. Nous avons travaillé sur la production de quelque 20 disques depuis le lancement de la parution numéro 11 de P572 [NDLR: le premier Lesbo Vrouven]. Il y a eu une présence de Lesbo Vrouven mensuelle depuis 24 mois maintenant.
Les gars n’ont effectivement pas chômé. Sam Murdock dirige P572 avec Sébastien Leduc, son groupe (swedish) Death Polka et participe aux performances scéniques de Jane Ehrhardt, en plus de performer avec Pascal Asselin (Millimetrik) sous Princess & Murdock. Hugo Lebel menait la basse avec Les Goules et se concentre sur son projet solo Headache24. Le petit nouveau aussi, Antoine Caron, jouait la batterie avec Jane Ehrhardt.
BB: Le premier disque était le fruit d’un enregistrement live, one take si je ne me trompe. Est-ce le même processus?
SM: Encore la mort rugit avec la même urgence que Je reviens Geneviève. C’est la suite logique, la suite de la danse et la suite de l’histoire, exactement où se terminait le premier disque et exactement où elle en était rendue en mars 2008. Un disque sexy et important, lourd et dansant, douloureux et entraînant. Une apologie de la mort en 12 chansons pour pleurer sur la piste de danse. Quelques secondes de répit pour réfléchir à tout ce qui était, mais surtout un coup de pied bien placé sur le dance floor.
BB: Le premier album était très expéditif, bookant le lancement avant même son enregistrement…
SM: Le lancement a encore une fois été booké avant l’enregistrement du disque, ce qui a donné un immense casse-tête inspirant. Un dépassement physique et mental qui s’est passé un peu comme un gracieux cauchemar heureux. Un exercice de style sous forme de marathon.
BB: Encore la mort, pourquoi?
SM: La composition d’Encore la mort s’est échelonnée sur plusieurs jours. Puis à un certain moment, je me suis rendu compte que j’écrivais encore sur la mort. Je reviens Geneviève était une missive à l’amour récemment disparu sous forme d’un interminable jeu littéraire en anglais, pour rendre hommage à la langue de ma mère. Encore la mort parle de la mort en célébrant la vie. Chaque chanson est associée à la date d’une mort ou d’une naissance importante.
BB: P572 semble toujours porter une attention particulière à la présentation de ses productions, pigeant dans l’art visuel…
SM: Le visuel se doit d’accompagner la musique avec force et caractère. La balance parfaite entre les mots et la musique. La ligne artistique et directrice de P572, depuis le début, est d’imprimer des disques que l’on veut regarder et écouter le reste de notre vie. Une version non définitive de la beauté du moment présent. Ne pas oublier d’écouter, mais surtout de toucher la musique.
BB: Parle-moi de la pochette du disque.
SM: La pochette d’Encore la mort a été peinte par Betsy Walton, adorable artiste de Portland, Oregon. Nous avons élaboré l’imagerie ensemble à partir de notre idée respective de ce que pouvait représenter la mort. Un jeu précis qui a duré plusieurs semaines à s’envoyer des mots, des couleurs et des textures.
BB: Le nouvel album photographie l’arrivée d’Antoine Caron derrière les tambours. Qu’apporte-il à la formation?
SM: Antoine est la pierre angulaire d’Encore la mort en plus d’être un sound man exceptionnel et un photographe de profession. Il est l’humour, l’esprit et l’imagination.
BB: Quelles sont les shows qui s’en viennent outre le lancement avec Duchess Says le 18 avril au Cercle?
SM: Il était important de lancer le disque ici en premier pour donner en cadeau quelque chose à la ville. Mais je me fais un cadeau aussi!
À nous aussi, Sam Murdock, tu nous fais un cadeau! (Mike Bergeron)
www.lesbovrouven.com
Entrevue avec Caracol pour l’album L’arbre aux parfums; publiée dans le BangBang en septembre 2008
Caracol: Comme une odeur de vrai
On savait depuis déjà un certain moment qu’une des moitiés de DobaCaracol allait sortir un album solo. Et c’est là que l’on pourra voir la personnalité de Caracol sur son album bien personnel.
Personnel semble être un mot clé de cette production. C’est un album fait comme le souhaitait l’artiste, dans une urgence créatrice. Après plus de 400 concerts en près de trois ans dans une quinzaine de pays pour l’album Soley, Carole Facal avait besoin de se retrouver. Sans renier l’esprit de groupe et les bonheurs qui peuvent s’y rattacher, il est humain de vouloir s’exprimer dans une liberté totale. Pendant cette tournée, elle écrivait des textes qui collaient moins pour un groupe. Une rencontre en Autriche augmenta l’inspiration. C’est là qu’elle tomba en amour avec un ukulélé. «Je l’ai adopté et il a suivi tout au long sur la route», confie-t-elle au téléphone. Non seulement c’est un objet simple ravivant la flamme pendant une période d’ennui, mais «on peut en jouer sur la route sans déranger les autres», évoquant la douceur de sa sonorité et la tranquillité de son volume.
C’est dans cette ambiance que s’est créé l’univers de L’arbre aux parfums, l’album qui sortira le 9 septembre prochain. Un album qui parle «de petits ou grands drames de la vie, mais qui n’est pas sombre en raison de sa musique.» C’est bien au contraire un résultat lumineux où le folk, le rocksteady et la grande chanson se rencontrent pour tenter de toucher à l’authenticité. «L’amour, la colère et le mépris; la vie, c’est tout ça!»
Pour ajouter à l’exercice de style mis en pratique pendant l’enregistrement, allant piger dans les sessions live, des couleurs vintage et la simplicité, Caracol a créé un vrai univers avec une série de photos inspirantes. Barry Russel proposa de créer de réels tableaux pour chaque chanson. N’allez pas croire qu’il y a du Photoshop derrière ça. Les mises en scènes ont toutes été montées. Y compris la pochette. Une aventure nocturne dans le cimetière de Côte-des-Neiges passée à accrocher de réels tableaux (eux-mêmes provenant des autres mises en scène) dans un arbre. Pour chaque tableau, même folie. Les histoires de ces chansons prirent ainsi une nouvelle couleur affectant l’enregistrement. Dès qu’une photo était réalisée, elle était accrochée dans le studio. De quoi «être hanté par les personnages.»
Ce qui marque à la première écoute est la grande présence des claviers. Menés tantôt par François Lafontaine, tantôt Vincent Réhell (qui suivra sur scène) et parfois par Sandy Belfort, dont on reconnaît la couleur. Tous les musiciens invités, on y ajoute Justin Allard, David Laflèche, Maxime Lepage et Sébastien Blais-Montpetit (qui signe la réalisation), sont d’ailleurs avant tout des amis. Aucune surprise pour cette dame gourmande d’authenticité et de franchise. (Mike Bergeron)
L’arbre aux parfums disponible dès le 9 septembre
www.caracolmusique.com
Entrevue avec Krista Muir pour son album Accidental Railways; publiée dans BangBang en octobre 2008
Krista Muir: Thé et ukulélé
Au bout du fil, après les incontournables salutations, Krista Muir affirme candidement qu’elle était en train de se faire du thé. Puisque cela n’est pas surprenant, elle répond d’un sourire évident : « J’adoooore le thé! »
La bouffe suit le parcours de la joyeuse demoiselle depuis longtemps. Que ce soit dans ses textes ou dans ses livrets, elle ne cache pas qu’elle est gourmande. À la voir savourer la vie, on ne s’en étonne pas tant.
Ceux qui auront la bonne idée de se procurer son plus récent album, Accidental Railway, auront d’ailleurs la chance d’y trouver de sympathiques recettes, comme des biscuits, des tartes et, évidemment, de thés.
Le titre de l’album fait lui-même référence à un café imaginaire d’une ville imaginaire. D’où l’excuse d’y inclure des recettes.
Mais en fait, ce café est un catalyseur des souvenirs de ses multiples voyages. « Je vais dans des places bizarres. Je fais des belles rencontres, par hasard! » exprime-t-elle dans un français plus qu’acceptable, mais qu’elle aimerait mieux maîtriser.
Non seulement gourmande au sens propre du terme, elle se gave des autres cultures. Ces temps-ci, c’est le grec qui la subjugue. « J’ai été prendre des cours dans un centre communautaire. C’est dur! » Une passion née après un voyage au pays de l’Olympe.
Bien que l’on retrouve une pièce où l’on peut entendre son grec, c’est déjà cinq chansons qu’elle a écrite dans cette langue. Elle écrit constamment et tout l’inspire.
C’est en partie pour cette raison que ce n’est pas seulement une réédition qu’elle voulait faire lorsque Indica est venu lui chanter la pomme. Bien qu’elle sait que Leave Alight n’a pas connu l’attention qu’il méritait, elle trouve que ce disque vieux d’un an n’est plus représentatif de ce qu’elle fait. Déjà!
On retrouve donc un heureux mélange de « vieilles » pièces et de nouvelles créations. Les changements sont plus dans le processus créatif que dans le style musical.
Nous sommes encore charmés par ce ukulélé emporté et feutré par ces arrangements qui semblent simples, mais qui sont très réfléchis et précis. « Le moindre changement de note ne marche pas. Ça enlève tout à la chanson. »
Elle semble vivre que deux mois à Montréal par année, tant elle est souvent en tournée quelque part sur la planète. « Jamais de pause! Toujours quelque part ou sur d’autres projets. Je n’arrête pas souvent. J’ai besoin de bouger. Toujours! »
En preuve, elle nomme ses collaborations pour un documentaire puis celle avec Donzelle. « Mais avec Donzelle, lorsqu’on veut travailler, on finit par plus parler et s’amuser! » rigole-t-elle.
Lorsqu’elle parle de Donzelle, on a l’impression que son alter ego Lederhosen Lucil n’est plus loin. « J’ai écrit des chansons pour elle, mais ce n’est pas encore le temps du retour. Un jour! »
Pour le moment, on se « contente » de ce thé sucré qu’est Krista Muir avec Accidental Railway, que vous pouvez acheter depuis le 14 octobre. Après une petite tournée en Ontario, elle sera à Montréal le 29 octobre à l’Église St-Jean-Baptiste.
Entrevue avec Nous non plus; publiée dans le BangBang en février 2007
Nous non plus: Rock francophone made in New-York
«C’est fini les Sans-Culottes, on en a tous le ras le cul. C’est fini les coups de poignard dans l’dos, tu nous hais… Nous non plus !» Ces paroles débutent la pièce Tant pis pour toi du meilleur groupe francophone de Brooklyn : Nous non plus.
Cette chanson a été écrite suite aux aventures juridiques que le groupe a connu avec Clermont Ferrand. Récapitulation. Les Sans-Culottes mettent à la porte le chanteur (Ferrand) qui décide de les poursuivre pour les empêcher de continuer avec ce nom de groupe. Entente hors-cours, ils gardent la moitié des droits mais ne peuvent continuer sous ce nom.
Le départ de Ferrand est marquant : leur rock, très influencé par le rockabilly français des années 60, est maintenant moins sale et a des influences plus larges amenées par une plus large instrumentation. Aux dires de Céline Dijon (voix) et Jean-Luc Retard (basse et voix), c’est dû à leur libération. De plus, Jean-Luc peut maintenant composer comme il le souhaite.
Le plaisir a également refait surface. « Avant, il fallait parfois se forcer à sourire sur scène, mais maintenant, on a la pêche, car on s’entend tous, ce qui rend nos concerts encore plus amusant», insiste Céline à propos de la nouvelle dynamique du groupe. Un plaisir d’une force contagieuse.
Un groupe rock’n’roll français à Brooklyn cogne-t-il des murs ? Parfois dans l’industrie, mais jamais avec le public. « La musique est universelle. De toutes manières, personne ne peut comprendre la majorité des paroles du rock. », mentionne Jean-Luc qui ne parle pas français lui-même et qui apprend les textes phonétiquement.
Leur premier album, paru en novembre dernier, a été chaleureusement reçu dans les plupart des radios universitaires nord-américaines. Aux amateurs de rock’n’roll entraînant. Des informations et des extraits disponible au www.nousnonplus.com.
Entrevue avec Scream Elliott; publiée dans le BangBang en mars 2006
Scream Elliott: Un cri sympathique
Une heure et demie du matin, Norm et Daniel de Scream Elliott m’invitent à les suivre dans l’immense loge de l’Arlequin où Norm venait de faire une prestation avec l’un de ses projets, My Empty Screen, avec Wax Mannequin. Une longue conversation de fin de soirée s’entame autour d’une (ou deux ?) bière.
D’emblée, le groupe reçoit de beaux encouragements depuis quelques temps à Québec. Premièrement, un parcours presque sans faille lors de l’Omnium du Rock où ils ont terminé, malgré l’appui des juges, 3e à la finale de Québec. Ensuite, ils ont fait une fulgurante montée dans le palmarès de CHYZ 94,3 FM où ils ont été jusqu’à la 2e position du palmarès francophone. Pas si mal pour un groupe qui n’a que deux pièces francophone sur leur démo.
« C’est sûr que c’est un bel encouragement tout ça ! Veut, veut pas, même si on aime ce qu’on fait, on a toujours un doute à savoir si c’est bon. Recevoir ses appuis là, de l’extérieur, sans qu’on fasse rien pour, c’est motivant ! » affirme sans hésitation Daniel, batteur de la formation. En fait, pour eux, « 2006 est déjà une très belle année, même si elle ne fait que commencer », continue Daniel à ce propos… en touchant du bois.
Malgré qu’ils n’aient pas remporté la finale de l’Omnium du Rock, ils sont satisfait de leur parcours. En fait ils étaient « étonné de se rendre aussi loin. On allait là vraiment pour le fun. C’est pas notre trucs les concours. Au bout de tout ça, on a joué plusieurs fois au Dagobert et on a gagné vingt heures de studio ! ».
Leur prochain objectif est de sortir leur premier disque, entièrement autoproduit, qui en est à l’étape du mixage (fait par Jeff Linteau). Si tout va bien, nous l’aurons ceci d’ici le début de l’été, en mai ou en juin. Ces pièces ont tous été enregistrées il y a près d’un an. Le groupe a de nouvelles pièces depuis et songe déjà à sortir un EP pour leur donner vie. De plus, ces nouvelles créations sont francophone, ce qui fait contraste avec les chansons qui seront sur le disque.
Pourquoi soudainement écrire en français ? Norm (voix et guitare) affirme que le groupe a maintenant vu « qu’on peut sonner en français ! ». Ils veulent également davantage s’affirmer dans leur langue d’autant plus qu’ils dénotent que les barrières linguistiques tombent de plus en plus. À leur yeux, « les paroles devraient être à l’arrière plan. La musique sert les paroles. »
Leur rock est un bon mur de son largement rempli, surtout pour un trio. Via leur divers projets musicaux (The Rocketeers (pour Yannick) ou My Empty Screen, par exemple), les gars croient avoir gagné en maturité musicale.
Si le indie rock signifiait réellement de quoi, on pourrait probablement leur attribuer, « quoique dans le fond, on l’est : on fait du rock autoproduit! » Des extraits sur http://www.myspace.com/screamelliottmusic, jugez par vous-même !
Entrevue avec Uberko; publiée dans le BangBang en avril 2006
Le royaume d’Uberko
Un électro-pop minimaliste et accrocheur, voilà ce que nous propose Uberko qui a soulevé le toit du Drague (rempli à pleine capacité), lors de notre rencontre. Le groupe est également en train de se frayer un chemin au concours Emergenza à Québec.
Provenant de Québec, Uberko fut d’abord un projet solitaire avant de devenir le groupe d’aujourd’hui. Certaines personnes du groupe actuel tournaient déjà autour du projet, mais l’alignement des planètes ont fait que les deux disques de ce projet ont été fait en solitaire par Marco. Ce dernier s’occupe aujourd’hui des claviers et guitare, en plus d’amener sa voix et d’être le directeur musical de la formation qui comprend E(ic) aux claviers et guitare, Biguenique à la basse, Did à la batterie et Simon à la guitare.
Ce projet est parti avec peu de chose. Les premiers pas se firent via un projet Jeunes-Volontaires. À une époque, n’ayant pas de local de pratique ni de studio, ils fabriquèrent un studio maison, qu’ils qualifiaient de bunker, dans le sous-sol de Marco. Le tout était cependant fait, au départ, par passion. Les distribuer n’étaient pas au premier plan.
Si sur scène le groupe donne une saveur un peu plus rock, sur disque on nage dans l’électro-pop simple mais efficace. On peut y sentir plusieurs influence, mais celle qui revient le plus est Kid A de Radiohead. Il faudra bien surveiller où ira Uberko avec les diverses influences de chaque membre. D’ailleurs, ils regardent déjà pour un prochain disque, même si Empire Empire date d’il y a quelques mois.
Outre de parfaire leur sonorité pour la prochaine production, Uberko se produira sur quelques scènes, dont le Dagobert en mai et le Temps Partiel à Québec en juin et la Casa Del Popolo à Montréal en août. Ils veulent se faire connaître pour les amener à sortir du Québec, avec une tournée canadienne, par exemple.
Entrevue avec Band de Garage pour l’album Cassette II; publiée dans le BangBang en novembre 2008
Band de Garage: Coeur de rocker
Je me souviendrai toujours de mon baptême de Band de Garage. Je suis au FME et en sortant d’un spectacle très éclectique avec Ghislain Poirier, Vincent Vallières et Surcharge, je suis frappé par un sacré de mur de son. On ne pouvait pas faire autrement que figer. Je me souviens très bien avoir cherché d’où provenait cette armée de décibel. Du petit duo squattant le couloir? Weyon! Ils ne peuvent pas cracher autant!
Après avoir compris le phénomène, on sait que le coup de foudre ne pourra jamais s’éteindre. D’autant plus qu’à la première jasette avec eux, on se rend compte qu’ils sont probablement les rockers les plus sympathiques du monde. C’est donc toujours un plaisir de parler avec Marc-André Brazeau, défonceur de peaux et de cymbales du duo. Même au bout du fil, on voit le sourire.
D’entrée de jeu, on parle de la différence entre ce deuxième album et le premier. Plus mature? C’est cliché, mais les années écoulées sont probablement la plus grande explication. Plus de chanson sur les sandwichs au jambon ou sur la brosse d’hier. Non pas qu’ils n’aiment pu le jambon ou qu’ils ne boivent plus, mais leur vie a changé.
François Lafontaine, guitariste et chanteur du duo et homonyme du claviériste de Karkwa, a, par exemple, maintenant sa propre compagnie de graphisme.
Les textes sont maintenant davantage un reflet de notre société. Les interprétations sont parfois multiples, mais on a ici et là une angoisse ou une satire de la part de Marc-André, qui manie la plume en plus de la batterie et le cri primal.
Bien que le cours d’écriture qu’a pris Marc-André avait déjà été pris à la sortie de Corpo-Trash-Vidange, il ne se fait sentir réellement que sur celui-ci, car on sort toujours les vieilles tounes sur son premier disque. « Ce cours là m’a appris comment travailler un texte. Comment mixer les mots et la musique », raconte-t-il à propos de cette expérience avec Robert Léger, ex-Beau Dommage.
Tout en gardant comme première priorité de pouvoir faire les chansons à deux sur scène, les gars ont profité de la magie du studio. Avec la complicité du talent de Pierre Girard.
Des pistes de guitares, il y en a. On se transporte parfois dans un son tout aussi débordant, mais plus raffinée. Le volume a donné un peu plus de place au tricotage.
En plus, on sait que les gars aiment se compliquer la vie. « On pourrait dire, oui, que l’on est meilleur compositeur que musicien. En tous cas, on a des idées qu’on est pas toujours capable de faire! » dit-il entrecoupé de rires.
Ils n’ont pas peur d’essayer des trips et parfois, ça marche. Pour la sortie de Cassette II, référence au démo sur cassette remis à C4 au début, ils ont réellement produit une bonne vieille cassette.
Non seulement cela est un objet de collection, mais « les gens qui l’achètent ont le démo, sur la face A, et le nouvel album, sur la face B. » décrit Marc-André.
La tournée pour cet album ne se fera pas immédiatement, bien qu’ils feront quelques prestations cet automne. Il faut dire que M-A a eu le contrat de suivre les Cowboys Fringants dans leur tournée, comme il le fit pour Mononc’ Serge.
Sur le coup, on se dit qu’il joue trop fort pour ces cowboys! « C’est sûr que je dois me ménager un peu, mais c’est un autre plaisir! Même Mononc’ trouvait que je tappais fort des fois! » rigole-t-il.
Par la suite, il raconte comment il trippe avec les belles conditions de cette fringante tournée, puis du plaisir qu’il a à jouer avec eux! Lui qui avait tant écouté les premières cassettes du groupe.
Cet épicurien de la scène abouti finalement à Avec pas d’casque avec qui ils partageront encore la scène. Son excitation est palpable même à 250 km de distance.
Parce que ce Band de Garage a un certain plaisir sur scène. Ils en sont presque une référence. Le secret? « C’est inné! Ça fait 8 ans qu’on joue ensemble, c’est sûrement pas pour rien! »
www.banddegarage.org












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