Copie des chroniques publiées dans le BangBang. La chronique Sainte-Barbe était une tribune libre sur Québec publiée mensuellement de juin à décembre 2008. Section sous construction.
Liste des chroniques
Article officiel du 400e / juin 2008
Un colisée BangBang? / juillet 2008
Québec laisse béton / août 2008
Folle d’automne / septembre 2008
Les aventuriers du vinyle perdu / octobre 2008
La galerie du pont / novembre 2008
Pare que Robert Lepage n’est pas la relève / décembre 2008
///
Sainte-Barbe: Chronique Québec / publiée dans le BangBang juin 2008
Article officiel du 400e
Des amis Montréalais me disaient récemment qu’ils étaient tannés qu’on parle du 400e de Québec. Je comprends, je suis moi-même écoeuré d’en faire référence. C’est à croire qu’il ne se passe rien d’autre à Québec. Ou encore que sans le 400e, il ne s’y passerait rien. Et pourtant!
L’apogée (ou la noyade ou l’écoeurite, c’est selon) s’en vient avec le 3 juillet prochain (date officielle de la fondation). Et puisque le 3 fait le mois, on peut dire qu’après le terrible mois de juillet, il ne restera plus grand chose du quatrième centenaire. Au moins ça!
C’est la folie à Québec. Je ne parle pas d’une fièvre comme celle que les gens ont subitement eue lors des dernières séries du Canadien. Malgré la réussite ou l’excitation de certains évènements, la folie est institutionnelle.
Évidemment, l’association de certains évènements est parfois douteuse. Tout le monde voulait devenir un événement officiel du 400e! Probablement pour les subventions. Certains évènements et festivals ont vraiment développé un aspect pour la fête. D’autres, faut chercher profond, très profond.
Le 400e est maintenant placardé partout : affiches, collants, banderoles, etc. Dans les rue, dans les boutiques, dans les médias. Même le Complexe G est habillé d’un énorme « 400 » lumineux que l’on peut voir jusque dans la profonde banlieue. Tous veulent leur part du magot.
On raconte que les hôtels s’attendaient à un plus grand achalandage. Puis on se pose une question : Irais-je, moi, visiter spécialement Toronto, lors de son 400e? Je doute.
Sainte-Barbe: Chronique Québec; publiée dans le BangBang juillet 2008
Un Colisée Bang Bang?
Depuis le départ des Nordiques, en 1995, les rumeurs de retour, ou plutôt les rumeurs sur de potentiels investisseurs, reviennent souvent. C’en est redondant. Avec le sujet, inévitablement, on parle d’un nouveau Colisée. Rarement en parle-t-on autrement que pour le hockey.
Voilà que le Philippe Couillard, Ministre de la Santé mais également de la région de la Capitale a lancé une déclaration qui aura fait jaser… pendant quelques jours.
« À Québec, avec la taille de la ville, le statut de capitale, on est capable de faire beaucoup de développement. Si j’avais un thème pour les prochaines années, ce serait celui-là : Québec, site d’accueil de grands événements internationaux. » a lâché le barbu au Soleil.
Il cite même en exemple le nouvel amphithéâtre de Winnipeg, financé à près de 50% par les fonds publics. Au même moment – sûrement une coïncidence -, on apprend que la capitale manitobaine a triplé son nombre de spectacles depuis la construction du MTS Centre.
Avec cette grosse bâtisse, Winnipeg rafle des visites que même Calgary la prolifique échappe. Non pas grâce à son nombre de sièges, mais pour leurs confortabilité, la meilleure acoustique et son modernisme.
Cependant, «Pour la construction d’un nouveau Colisée, ça prend des promoteurs qui arrivent avec plus qu’une simple intention. On demande toujours au contribuable de faire le premier geste. Ce n’est pas normal.» précise le député malgré les – molles – pressions de l’ADQ sur ce sujet.
Avec l’expertise de l’équipe et en se cotisant un petit 60 millions ensemble, on pourrait avoir le Colisée Bang Bang!
Sainte-Barbe: Chronique Québec; publiée dans le BangBang août 2008
Québec laisse béton
Ah! La population est heureuse à Québec! Oh oui! Sir Paul les enchante. Le moulin à image ébloui. Les chantiers se sont terminés pour le 400e et rendent le tout parfait pour les cartes postales. Mais à qui cela plaît-il vraiment?
À en croire La Conspiration Dépressionniste, sûrement pas les résidents. À moins qu’ils soient touristes dans leur propre ville. Ce qui tend à être de plus en plus le cas.
Au lieu de déchirer leurs chemises sur la place publique, ils sortent un livre décriant les erreurs des anciennes administrations et la Waltdisneyïsation du centre-ville : Québec, ville dépressionniste.
Dépressiquoi? Dépressionniste. Oui, ça mange en hiver. Dans leur lexique, nous pouvons lire que le dépressionnisme est un « néologisme québécois désignant le contenu esclavagiste du réel vidé de sa substance. » En gros, c’est la surexposition du banal rendant la vie contemporaine fade, causant la dépression et l’insatisfaction sexuelle.
Ils n’y vont pas avec le dos de la cuillère, ni avec des gants de velours. On peut même se demander s’ils mettent des gants de boxe lorsqu’ils frappent, tant ils aiment frapper. Le plaisir de détruire?
Il ne faut pas chercher des solutions dans ce livre, à moins qu’on aime être déçu. On passe plutôt au peigne fin les bobos de Québec. Pis on les gratte. On les ouvre pis on les met dans notre face.
L’avant-propos donne le ton. « Québec peut bien se targuer de paraître sous ses plus beaux atours, nous savons qu’elle pourrit du cœur. » On ne peut vraiment les contester (ils s’en foutreraient probablement de toute façon). J’ajouterais même avoir eu une satisfaction à lire ce livre, partageant quelques-unes de leurs visions.
La vente de Québec
Parce que c’est vrai que le Carnaval de Québec est une farce corporative. Le Carnaval n’a de carnaval que de nom, n’ayant aucune coutume propre à un tel événement. De plus, il a quitté les rues de la basse-ville pour se concentrer sur les Plaines d’Abraham. Ce lieu devient alors un espèce de Quartier 10-30 avec la cabane Québon, le ciné Telus et autres trucs bien nommés.
Un excellent dossier sur ce pauvre Carnaval de Québec M. Christie (notez qu’il a vendu son nom à un commanditaire) de Sandra P. Bouliane. Une lecture dénotant les liens gros comme mon bras entre la Chambre de commerce et cette machine à faire venir le touriste.
Dans un même ordre d’idée, le premier chapitre dénonce cette vente de la ville aux investisseurs sous le règne de Gilles Lamontagne. Maire de Québec de 1965 à 1977, c’est lui qui a bétonné la ville.
Sous son règne, on compte ces monstruosités : La Mail St-Roch, la bétonisation des rives de la rivière St-Charles, la construction de l’autoroute Dufferin (et ainsi la destruction du quartier chinois), la mise en place de la colline parlementaire (et la destruction du Faubourg St-Louis), etc.
Quelques œuvres ont depuis été détruites ou transformées. Pour être au goût du jour. Les centres d’achats étant moins populaire, on enlève le Mail St-Roch pour en faire une rue commerciale tellement branchée.
L’ère Lamontagne marque la destruction massive de lieux historiques de Québec pour faire place à la modernité et à l’accommodation de la banlieue, c’est à dire le béton et les autoroutes.
C’est grâce à cette époque qu’aujourd’hui l’élaboration d’un solide réseau de transport en commun à Québec est ardu. En créant une des régions les plus desservies par des autoroutes en Amérique, Québec s’est alors agrandit de plus en plus loin, de plus en plus dispersée.
Un safari-photo d’un des plus laids boulevards du Québec est également offert. Bienvenue sur la 138 à Québec : le boulevard Wilfrid-Hamel. Pour les Montréalais, imaginer peut-être le boulevard Taschereau.
D’ailleurs, lorsque le comité du Chemin du Roi a voulu compléter le parcours de cette route, ils ont tout fait pour éviter de passer par ce boulevard inventant alors un tracé passant par Cap-Rouge.
L’hémorragie interne
Ce n’est pas suffisant, d’autres évènements ont tué le centre-ville de Québec. Comme le départ, vers 1950, de l’Université Laval de l’intérieur des murs vers les champs d’une banlieue à l’époque vide : Sainte-Foy.
Depuis ce temps, cette université n’a plus d’âme et, depuis des années, des experts tentent de lui insuffler une vie sur son campus. En opposition, le quartier Latin qu’elle animait n’existe plus réellement.
Puis la lente déportation des résidents à l’extérieur des murs. Depuis Lord Dufferin, lieutenant-gouverneur du Québec de la fin du 19e siècle, le Vieux-Québec se modèle pour attirer le touriste. N’y chercher pas d’épicerie!
C’est ce même Dufferin qui arrêta la destruction des fortifications par la ville (qui voulait construire des rues), jugeant ceci comme un joyau faisant la beauté de la ville. Il refit construire selon un mode médiéval, transformant ainsi le militaire en romantique.
Puis le tout se modèle ainsi jusqu’à aujourd’hui. Place Royale? Conçu dans les années 1960. Le château Frontenac? Construit en 1895 (ouais, ça toujours été un hôtel, les amis).
Québec, une belle carte postale. Nous pouvons lire que le Vieux-Québec, d’où provient la majorité des qualificatifs et images, a un ratio d’un habitant pour 760 touristes. En comparaison, pour Venise, c’est du 1/94. Ouch.
Y’a pas de « mais »
Évidemment, on pourrait dire que la Place Jacques-Cartier à Montréal n’est guère mieux. On pourrait dire que l’on ne vend pas non plus la métropole avec le quartier Rosemont et encore moins avec Laval.
Mais La Conspiration Dépressionniste ne se penche volontairement pas sur ce volet ici. Malgré la rude charge, ils ne se prennent pas non plus au sérieux, comme le démontre le dernier chapitre, une fable complètement délirante sur Québec.
C’est avant-tout une critique sociale, urbaine et architecturale de Québec. Bien que quelques images soient mal placées par rapport au texte et sans information (l’inculte ne saura pas toujours ce qu’elles montrent), la lecture s’avère informative, intéressante et divertissante.
Le livre n’est pas distribué dans toutes les bonnes librairies. Le mieux est de visiter leur site Internet (www.consdep.info) pour en voir la liste. Pour comprendre Québec, ce livre est, je crois, inévitable.
Sainte-Barbe: Chronique Québec; publiée dans le BangBang septembre 2008
Folle d’automne
Est-ce un show de la rentrée ou un festival? On peut sérieusement se poser la question cette année. Pour le début de l’année 2008-2009, l’Université Laval offre 4 scènes et plus de quinze formations se les partageront.
De mémoire, je ne me souviens pas avoir déjà vu ça pour une rentrée scolaire. Pas avec d’aussi gros noms du moins. Des groupes de notre scène locale, des groupes canadiens, américains et même directement d’Allemagne.
Mon premier réflexe fut de me frotter la barbe. Ensuite, je me suis demandé pourquoi une telle offre? « En gros, le projet est partie de faire quelque chose dans le pavillon Desjardins. Les spectacles extérieurs, c’est toujours risqués » répond Jean-Philippe Lessard-Beaupré, directeur général sortant de CHYZ 94,3 FM.
« De là, ça nous a ouvert d’autres possibilités, c’est-à-dire ouvrir plus d’une salle. Les étudiants ont des goûts très éclatés, donc pourquoi ne pas en satisfaire une bonne partie en une soirée ! À trois, CADEUL (les associations étudiantes), Impact Campus (journal des étudiants) et CHYZ (radio de l’université), nous pouvions faire plus grand. »
À cette union, la station universitaire a également inclus son habituel spectacle de lancement de programmation à ces festivités. On y célèbre même les 10 ans d’une émission. « Il s’agit au minimum du plus gros spectacle organisé à l’Université Laval dans les 10 dernières années » ajoute l’ancien patron de la radio à ce qui sera la dernière activité de son règne.
Le côté rock, abrité au Grand Salon, débutera avec Band de Garage qui viendront présenter leur nouvel album, Cassette II. Les incontrôlables Chocolat suivront. Cette bruyante scène sera conclu par Les Dales Hawerchuk. Déjà avec ça, on avait un bon show de la rentrée, non?
Bien c’est juste le début. La scène folk sera en saveur plus subtile. Une des formations favorites des médias indies, le duo de Philadelphie Pattern Is Movement ouvrira pour la scène folk. La non moins appréciée Julie Doiron des Maritimes complètera ce tableau présent à l’Amphithéâtre Hydro-Québec.
On continue. La scène électro mêle les cartes en plein milieu des festivités, dans l’Agora avec quatre dynamiques performances. L’ambiance se réchauffera avec Millimétrik, sera suivi des jouissifs Holy Fuck (oui, ceux qui font trembler Harper), ensuite We Are Wolves fera danser la foule pour les abandonner aux efficaces Digitalism d’Allemagne.
Finalement, le Pub universitaire reçoit la bombe du hip hop québécois pour célébrer les 10 ans des Arshitects du son. La liste d’invités est juste trop longue pour les énumérer sans avoir l’air de faire une dictée.
Ce qui n’est pas surprenant, car les gars de cette émission hip hop propulsent le hip hop avec fierté et dévouement depuis les débuts. C’est la seule émission quotidienne au Québec consacrée au hip hop. Fait avec passion.
Beaucoup d’artistes ont fait leurs premières entrevues à cette émission. Voilà pourquoi les Taktika, Accrophone, Limoilou Stars et Sans Pression viendront commémorer cette fête. La légende veut même que CEA se soit formé grâce à cette émission.
Puis, au delà de leur apport à ce mouvement, dix ans dans une station qui en a onze, un travail bénévole pour une émission quotidienne : c’est un sacré dévouement. C’est aussi un gros travail d’équipe.
Francis Duperron, Louis Faille et Patrice Bourassa en ont inspiré des gens à la station. Moi-même je les écoutais avant d’embarquer dans la station il y a six ans. Ils ont plus qu’inspiré, ils ont su former une émission assez solide pour intégrer régulièrement des nouveaux collaborateurs. Parmi ceux-là, Marième maintenant animatrice de l’Heure Hip hop à MusiquePlus.
La reconnaissance de leur travail s’est aussi exprimée avec le prix « Média de l’année » au Gala Unistar 2005. C’est aussi une nomination pour la meilleure émission francophone de l’année, au Gala de la S.O.B.A (Sound of blackness awards) en février dernier Ils ont aussi transposé l’émission au petit écran sur les ondes de Vox.
La presque totalité de leur production est disponible sur le site Internet (www.astduson.com), devenant ainsi une référence pour le genre. De plus, la visualisation de leur album photo permet de voir qu’ils en ont fait du chemin… et qu’ils n’ont plus leur babyface!
Un gros félicitation à toute l’équipe des Arshitects du son qui mérite tout le respect des médias alternatifs et de la scène hip hop. Je vous lève mon chapeau de cowboy bien haut.
On les célèbre au méga Show de la rentrée de l’Université Laval le 10 septembre prochain. Ai-je mentionné que tout ça, c’était gratuit? Non? Probablement parce que vous ne me croiriez pas.
Show de la rentrée, 10 septembre, Université Laval
www.showdelarentree.com
Les Arshitects du son, du lundi au vendredi, CHYZ 94,3 FM, 17h30
www.astduson.com
Sainte-Barbe: Chronique Québec; publiée dans le BangBang octobre 2008
Les aventuriers du vinyle perdu
On en parle depuis plusieurs semaines. On l’écoute même depuis quelques semaines. Mais ce n’est pas encore officiel. Ça le deviendra pendant le festival Antenne-A. Maxime Robin et Pascal Asselin (alias Snowflake) réunit sur le même vinyle.
Le combo est déjà alléchant. On a le goût d’y goûter. Et puisque les chefs sont souvent les mieux placés pour parler des plats qu’ils confectionnent, je leur ai demandé de me parler brièvement du projet. Entrevue split.
Côté Snowflake
Pourquoi un split avec Maxime Robin?
Parce que nos musiques sont connexes; parce qu’on est des amis.
Que trouves-tu d’unique dans la musique de Maxime Robin?
Maxime échantillonne là où personne ne le fait, il a des grosses basses puis on bouge de la tête. Son travail rythmique est très bon.
Comment décrirais-tu la moitié de Maxime Robin?
Au risque de me répéter, des grosses basses, des courtes pièces, qui vont la où il faut aller, qui donne le goût de refaire jouer encore et encore.
Le vinyle, pour toi, c’est…
… le support par excellence pour la musique, bien que son coté facile et transportable est moins évident. Il n’y a pas assez de productions de vinyles au Québec, il faut y aller encore plus avec ça. Et sortir un disque de hiphop instrumental se devait d’être sur vinyle!
Tu alternes et surtout cumules les différents projets (Millimetrik, Snowflake, Below the sea, Murdoch & Princess, etc): es-tu boulimique?
Oui! Je suis autant mélomane que musicien dans la vie, j’aime beaucoup trop de musique pour ne faire qu’un seul truc. J’ai encore d’autres idées de projets pas encore réalisés! Mais il faut aussi savoir se stopper, ne pas trop s’égarer et focusser sur les bon trucs.
Avec qui aimerais-tu sortir un split?
Lone, un producteur britannique qui, je crois, sera le prochain gros truc. Sinon Flying Lotus, Burial ou Deerhunter!
L’Aventure du vinyle, ardu ou excitant?
Coûteux, complexe, long, mais combien excitant et valorisant.
Côté Maxime Robin
Pourquoi un split avec Snowflake?
Bassement marketing. Je crois que c’est les trucs qui sortent de Québec qui, en ce moment, sont le plus près de ce que je fais. Et puis c’est bon et c’est un ami.
Que trouves-tu d’unique dans la musique de Snowflake?
Je trouve que Pascal est vraiment investi dans sa musique. C’est un peu une partie de lui même. C’est très honnête.
Comment décrirais-tu la moitié de Snowflake?
Snowflake par rapport à son travail de Millimetrik est plus “rough”. Plus “dans ta face”, mettons. Donc, ça fait un contraste, je crois, ce côté non poli, avec mon travail en minutie, par moment.
Le vinyle, pour toi, c’est…
Le vinyle, pour moi, c’est un support média. Je ne suis pas fétichiste de mes outils de travail! Mais c’est clair que le vinyle est un outil important, comme source sonore, alors nécessairement c’est l’fun d’enfin rendre un peu ce qu’on a pris en faisant un vinyle.
Un an et demi, à peu près, depuis Is A Towntempo Kind Of Guy, est-ce un avant-goût pour le prochain?
Ouais, c’est terriblement long. Je suis plutôt productif et j’ai fait l’équivalent de 3 ou 4 album depuis. Par contre, la réalité est ce qu’elle est; c’est dur et ça prend du temps sortir des disques et de tout faire soit même. J’aimerais que quelqu’un s’occupe de sortir mes disques à ma place ou à faire ma comm ou organiser mes shows, ça me laisserait plus de temps pour la musique. (Avis aux intéressés!)
Avec qui aimerais-tu sortir un split?
Burial, Kode9, Samiyam… Dans le fond, un 12″ sur hyperdub. D’un point de vue plus possible, j’aimerais faire un truc avec Morti Viventear.
L’Aventure du vinyle, ardu ou excitant?
Surprenant. Je ne croyais pas que c’était aussi compliqué. Mystérieux aussi car c’est assez dur d’avoir de l’information. Juste sur comment procéder. Sinon coûteux, mais on s’attendait que ça le soit.
Comme si la musique ne rendait pas déjà ce projet unique, « c’est une édition super spéciale de 300 vinyles avec des pochettes fait à la main par Alex Lemay de la galerie Morgan Bridge » tient à ajouter Maxime Robin.
Ces petits trésors seront presque exclusivement disponibles dans les prestations des deux musiciens. Sauf peut-être chez Platine à Québec ou Atom Heart à Montréal.
Au revoir MAP
Je tiens à souligner la dernière prestation de la formation punk de Québec MAP. Ils célèbrent la fin le 4 octobre à l’Impérial avec leurs très nombreux amis, dont O’Linéa et Mute. 15 ans de musique revendicatrice : respect!
Sainte-Barbe: Chronique Québec; publiée dans le BangBang novembre 2008
La galerie du pont.
La Galerie Morgan Bridge a un petit aspect mythique pour moi. Chaque fois que je vois une affiche annonçant une exposition, j’ai le goût d’y aller. Leur nom circule souvent dans des projets, disons-le, cool.
De plus, je passe souvent devant elle, la plupart du temps fermée, car c’est souvent la nuit. Chaque fois je ne peux m’empêcher de faire du lèche-vitrine. Je suis happé et je zieute le plus que je peux.
Bref, je savais que sans réellement connaître – car n’ayant jamais entré (si vous saviez la honte de l’avouer) – je risquais d’adorer.
C’est ainsi que je procède à un 2 pour 1, tel une pizzeria cheap. En voulant vous présenter cette galerie d’art, je me donne enfin l’occasion d’assouvir mes tentations.
Avant d’entamer la conversation avec Jeune Alex, le gars de la place, des jeunes ados le questionnaient sur ses canettes de peinture pour faire de ravissants graffitis.
Ça se sentait, se voyait mais surtout s’entendait qu’ils n’avaient probablement jamais fait ça.
Au bout de la conversation, le dynamique Alex se demandait s’il avait été bête. « Bête? Nah! » L’expérience peut parfois sembler terre-à-terre devant l’image poétique du geste.
La galerie du quartier St-Roch ne fait pas que dans le graffiti. Mais une partie de sa renommée en découle. On l’a vu dernièrement participer, par exemple, à l’habillage de la salle LOFF du Festival Off de Québec.
Elle a aussi donné son coup de main à la murale au coin des rues Cartier et René-Lévesque. Un immense mur d’une bâtisse commerciale venant décoincer une rue généralement aux bonnes mœurs, si l’on peut dire.
C’est aussi la participation à des conventions de graff un peu partout. Que ce soit près de Paris ou au Brésil. Cette Amérique portugaise aura d’ailleurs marqué l’homme.
« On est riche icitte! Là-bas, ils font des graff avec n’importe quoi! Tout peut servir! Alors se demander si la canette à 5$ ou 7$ est plus rentable comme le jeune de tantôt… » raconte-t-il d’un léger rire.
Mais Morgan Bridge, c’est plus que le graffiti. C’est aussi une très vivante galerie d’art. Certes, probablement plus underground que les autres à Québec. Du moins, plus street et plus branché.
Lors de ma visite, c’était l’exposition Killer Princesse de Zema. Une exposition où l’influence du tatoo et du cartoon se font sentir. Qu’il soit présent sur une toile ou sur une planche de skate, l’univers est urbain et coloré, grivois et provocateur.
En vitrine, plein de petits Munnys, ces espèces de figurines prêtes à se faire transformer par les artistes de tous genres. Ils ont clairement l’air de jouets, mais on hésiterait à les prêter à des enfants.
À ceci se mélange des participations d’artistes présents depuis les débuts de la galerie ou régulièrement invités.
Quelques morceaux de chandails et autres tissus à enfiler. Des trucs plus décoratifs, comme des peluches ou des affiches. À presque chaque fois, c’est du produit local. À tous les coups, on aurait le goût d’acheter.
Une ligne directrice à Morgan Bridge? La relation humaine. Le choix des expositions se fait davantage sur le feeling et le clic entre Jeune Alex et les artistes que ce qui est présenté.
À preuve, j’en entendais davantage sur la personnalité des artistes que sur les œuvres décorant les murs de la place. Les artistes deviennent des amis, à l’instar des 7 premières personnes ayant sorti l’argent pour partir ça.
Avec cette franche camaraderie, Morgan Bridge est le centre d’une immense toile artistique, allant dans les arts visuels, la mode ou la musique. On y va parce qu’on s’y sent bien ou qu’on s’y reflète.
Justement, le mois passé, je vous parlais du split de Maxime Robin et de Snowflake (alias Pascal Asselin alias Millimetrik). Ce vinyle était supposé se faire lancer officiellement lors du festival Antenne-A en début octobre.
Les gars ont finalement dû lâcher un gros « zut » et autres gros mots. Car ces vinyles ont eu un problème en production et le lancement a été reporté en novembre. Les rumeurs parlent de la deuxième semaine du mois des morts.
Les plus futés sauront que c’est des gens de la Morgan Bridge qui ont élaborés le visuel du dit vinyle. Ainsi, non seulement le split Écoutez po la vitre sera enfin lancé, mais il le sera à la galerie!
Pour être à l’affût, on regarde quotidiennement le blogue de la galerie (morganbridge.blogspot.com) ou le blogue de la barbe sur le site du journal que vous lisez en ce moment.
Sainte-Barbe: Chronique Québec; publiée dans le BangBang décembre 2008
Parce que Robert Lepage n’est pas la relève
Ce n’était pas de ça que je voulais vous causer au départ. Je préparais un autre sujet qui, malheureusement, sera traité plus tard. Y’a de ces papiers qui demandent un peu plus de recherche. Mais il ne faut pas croire que c’est un bouche-trou que je vous présente!
Il y a plusieurs trucs dont je pourrais vous causer. Comme du maire Labeaume, cet aimé des médias montréalais, qui parle partout de vouloir aider la culture et la relève artistique de Québec, mais qui ne cite que Robert Lepage en exemple.
Sans rien enlever à M. Lepage, je ne le classe pas dans la catégorie « relève. » Il y a plein de gens et d’organismes qui s’y consacrent et qui devraient se faire connaître à la mairie – qui me semble inculte dans la matière.
Parce qu’en fin d’année on pointe le bon travail. Parce que voir mon maire si mal connaître le sujet m’agace. Et sachant que Labeaume lit Bang Bang à tous les mois (of course), c’est un peu à cela que je consacre cette barbue chronique. Ou du moins, des gens qui ont musicalement fait bouger Québec en 2008.
Sam Murdoch – machine à relations publiques
Il est un incontournable. Le genre de personnage qui fait dire « Ah! C’est lui ça! » En dehors de ces implications derrière des instruments (Lesbo Vrouven, (swedish) Death Polka, Jane Ehrhardt), il est surtout derrière P572.
Il n’est pas seul. Du même coup, on salue aussi Sébastien Leduc. Mais c’est lui le frontman. C’est lui qui est dans tous les spectacles à danser, à parler de ses projets, à remettre plein de flyers et à traîner son sac à dos rempli de ses projets.
En 2008, ils ont sorti Millimetrik, Lesbo Vrouven, Darren Hayman, Jane Ehrhardt, Keith Kouna, Les Goules et leur compilation #3. P572, c’est LE label de Québec. C’est plus qu’un label, c’est une famille.
Yannick Cimon-Matar, producteur
Il n’y a aucun recensement scientifique le prouvant, mais je suis certain que la moitié des spectacles présentés à Québec le sont par Get A Room! Ils sont partout, même où on ne le croirait pas.
Ils produisent dans tous les genres, dans toutes les salles. Des gros noms, des petits noms. Ils sont surtout à l’affût. De LagWagon à TTC en passant par Tricot Machine et Unearth.
C’est aussi une partie d’Envol & Macadam, le festival de musiques alternatives de Québec présent depuis plus de dix ans.
Jean-Claude Anto, booker
En saluant le travail de JC, on applaudit celui de son entourage en même temps. On songe au travail du Festival Antenne-A qui propose une si belle programmation. En terme de musique indépendante, Antenne-A propose la plus savoureuse carte de Québec.
On honore aussi le travail du Cercle. Il y avait une forte attente sur ce successeur de Rouje. Le temps, puisque la salle vient de fêter son premier anniversaire, aura démontrer qu’ils n’ont pas à avoir honte. La programmation est de qualité.
Et c’est bien là le point en commun de ces deux entités. Le patron de la programmation, dans les deux cas, c’est justement Jean-Claude Anto. C’est lui qui flaire l’affaire. Devançant même parfois le hype avant qu’il arrive.
Marc Beaudet, défricheur
Ici, on parle d’une ombre opaque. Imaginer le prospecteur de pétrole d’il y a un siècle, un peu à la Daniel Plainview, qui creuse des bouts de terre à la recherche de pétrole.
Marc Beaudet, c’est de cette façon qu’il gratte la scène locale. Si ces prospections ne tombent pas toujours sur des riches gisements de pétrole, il peut se vanter de regarder partout et de ne jamais lâcher.
À tous les mois, il offre ses buffets Menoum CKRL, offrant la scène à un, deux ou trois groupes provenant de la réelle émergence. Le moine se consacre à la religion ce que Marc Beaudet se consacre à la scène locale.
Puis les autres…
Sophie Bernier qui a redonné des vitamines au Festival OFF de Québec, redevenant pertinent et complémentaire au Festival d’Été de Québec. Le travail de son équipe fut la belle surprise de l’été 2008.
On tend la main à Marc-Antoine Dion et ses groupes aussi savoureux qu’obscurs. Ces « musique du pas monde » donne à Québec une troublante scène de noise-psychédélique.
Vous remarquerez que je ne parle d’aucun média. Premièrement parce que ça serait mal vu que je m’autofélicite. Je suis trop humble pour ça. Mais j’en saluerai un quand même : François Gariépy au canal Vox, avec l’équipe de LéZart studio.

Aucun commentaire